Chapitre I - Jehan MURET (~1555-~1615)
Jean MURET est le plus lointain de nos ancêtres MURET connu.
Il habitait Camaret‑sur‑Aigues dans le Comtat Venaissin, berceau familial de
cette famille qui le restera pendant 8 générations.
Le Comtat Venaissin et le village de Camaret-sur-Aigues
Le Comtat Venaissin est depuis le XIIIème siècle,
un Etat appartenant au Saint-Siège ; il le sera jusqu’à la Révolution
Française où il sera annexé et inclus dans le département du Vaucluse. Le
graveur cartographe CLAUSEAU précise sur une carte gravée du XVIIème
siècle que le Comtat Venaissin contient une centaine de villes, villages et
hameaux et qu’ils représentent environ 18000 familles. Ces villes sont
attitrées aux duchés de Caderousse et de Gadagne et aux baronnies de Sérignan,
du Thor, d’Oppède et de Baumes. Cet Etat de l’Eglise est enclavé entre des
territoires du Royaume de France : les provinces du Dauphiné au nord et du
Languedoc à l’ouest et le Comté de Provence au sud et a pour capitale, la ville
de Carpentras.
Le village de Camaret-sur-Aigues, d’aujourd’hui 4500
habitants, est situé dans ce territoire papal. Il est situé à 6km au nord-est
de la ville d’Orange et est en limite territoriale avec la Principauté
indépendante d’Orange, enclavée elle-même dans le Comtat Venaissin. Il est
important de noter que le village des Camaretois dépend à cette époque de la
baronnie de Sérignan.
Portion de la "Carte du
Comtat Venaissin" par Clauseau, sculpteur géographe [1650-1659]. Bibliothèque
Nationale de France. La province du Languedoc est en orange, le Comté de
Provence est en bleu, la Principauté d’Orange est en vert, et le Comtat
Venaissin est en jaune. Les villes de Camaret, de Sérignan (baronnie) et de
Carpentras (capitale) sont mises en avant.
Contexte historique
En 1561, le
pape Pie IV nomme son cousin Fabrice SERBELLONI, Gouverneur d’Avignon et du
Comtat Venaissin et Général des troupes pontificales afin de lutter contre les hérétiques
de l’Eglise Réformée. Depuis plusieurs mois, la Principauté d’Orange est aux
mains des protestants et l’on sait que Jean PELLET, conseiller du Parlement à
Camaret soutient déjà les huguenots. Le président du Parlement d’Orange,
Jean-Perrin PARPAILLE embrasse la religion réformée et devient l’un des plus
dangereux capitaines huguenots dans le Comté de Provence. SERBELLONI le fera
décapiter en 1562 à Avignon. De son côté, le terrible François de BEAUMONT,
baron des Adrets, capitaine des troupes protestantes du Dauphiné envahit une
partie du Comtat Venaissin et siège la ville de Carpentras en 1562 en lui
coupant l’arrivée d’eau via l’aqueduc. Les troupes pontificales le mette en
retraite très rapidement. Pour autant, la ville de Camaret-sur-Aigues subit en
direct cette guerre des religions, les protestants ont pris la ville. Un
document de 1561 nous informe « que
la Religion prétendue réformée des Huguenots faisait tant de troubles dans le
païs et surtout dans le lieu de Camaret, lequel fut pris par lesdits huguenots
vers la fin de 1561 après avoir fait une brèche considérable aux murailles […]
les gens armés qui s’y estaient trouvés seraient sortis sous honorable
capitulation, conduits et escortés jusqu’au lieu de Bédarrides pour y joindre
des troupes catholiques ». Le 8 janvier 1563, Fabrice SERBELLONI assiège Camaret
et exécute 100 prisonniers protestants en exemple mais la ville vivra plusieurs
fois les dominations catholiques et huguenotes. En 1573, les calvinistes
tentent de reprendre la ville mais sans succès : la papauté a fait installer
un gouverneur et une garnison italienne. Deux ans plus tard, les protestants
entrent à nouveau en escaladant la ville fortifiée mais n’y restent pas
longtemps à la vue des troupes catholiques menées par le légat du Pape à
Avignon : le cardinal Georges d’ARMAGNAC.
Anecdote sur la garnison
italienne : « La conduite [de
la garnison] provoquait fréquemment les plaintes ⚡ de la population. Assez souvent, du haut de
la grosse tour 🏰, les soldats italiens s’amusaient à arquebuser les passants 😱 ».
Page Pie IV - François de BEAUMONT des ADRETS - Georges d'Armagnac
Guerre de religions (1563)
Mention de la libération
de Camaret par SERBELLONI[1]
Introduction sur Jean Muret
On ne sait pas grand-chose de Jean MURET. Les archives
paroissiales de cette époque n’existent plus et je n’ai pas connaissance
d’actes de notaires qui le mentionnent directement. Il est probablement né dans
les années 1555 à Camaret. Il a donc vécu son enfance en pleine Guerre des
Religions. Les familles de Camaret, perdues entre les religions catholique et
protestante, il est probable que Jean MURET ait été élevé successivement selon
les préceptes des deux religions.
Les deux maris d’Andrienne TEYSSIER
Jean MURET sera le 2ème
mari d’Andrienne TEYSSIER.
Premier mariage : Jaume ROCHAS – Andrienne TEYSSIER (1579)
Fin avril 1579, la future femme de Jean MURET, Andrienne
TEYSSIER, parfois appelée Andrieue, se marie en premières noces avec Jaume
ROCHAS. Le couple fait établir un contrat de mariage devant Maître Louis ARNAUD,
notaire de Camaret, le 26 avril 1579[2].
Jaume ROCHAS y est dit « honneste filz »
et « filz naturel et legitime a feu
Savin ROCHAS et Guilhaume FARNIERE […] de Visan dioceze de St Pol Troys
Chateaulx » et Andrienne TEYSSIER y est dite « honneste filhe » et « filhe
naturelle et legitime a feu Pierre TEYSSIER et Jehanne BLANCHE […] de Camaret
dioceze d’Orange ». Le mariage se fait avec l’accord des parents et amis
des futurs époux et l’autorisation des mères survivantes. Les époux se
promettent en mariage et le jurent sur les saintes écritures qu’ils touchent de
leur main. Bertrand TEYSSIER, le frère d’Andrienne, homme de la maison depuis
la mort de leur défunt père, donne en douaire à sa sœur 60 florins et un lit de
sapin 🛏️ garni de deux linceuls. Les biens matériels
seront donnés à la demande des futurs époux et l’argent sera versé en deux fois
30 florins lors de la Sainte-Madeleine soit le 22 juillet 1579 et le 22 juillet
1580. Le futur couple cède par la même occasion à Bertrand TEYSSIER, leur part
de l’héritage de Pierre TEYSSIER (père d’Andrienne). La cession se fait par
touchement des mains, Andrienne et Jaume touchant les mains de Bertrand « à
la manière accoutumée ». Le futur mari donne à Andrienne à partir de
leurs noces de quoi se nourrir, se vêtir et se chausser durant toute sa vie et elle
se doit en échange de s’occuper du foyer au mieux qu’elle le pourra. Dans
l’éventualité où Jaume mourrait avant Andrienne, il promet également 24 florins
qui seront payés un an après son décès. Dans le cas inverse où Adrienne
mourrait avant Jaume, elle lui promet 12 florins, mais selon toute
vraisemblance, elle décèdera bien après lui. Bertrand TEYSSIER et Jaume ROCHAS promettent
également à Andrienne, deux robes nuptiales d’une valeur de 12 florins chacune
et des « joyaulx nuptiaulx necesseres et
honnestes ». Le tout sera conservé par le survivant en cas de décès.
Enfants du couple ROCHAS – TEYSSIER (1580-1582)
De ce couple naîtra au moins 2 enfants : 1) 👶🏻
Jacqueline ROCHAS que j’estime être née vers 1580 et qui décèdera vers l’âge de
20 ans, peu de temps après s’être mariée à Pons SABATIER. 2) 👶🏻
Esteve ROCHAS que j’estime être né vers 1582. Il se mariera à Catherine
DELATOUR et aura au moins 5 enfants : Jean, Claude, Anne, Charles et Jean
Antoine ROCHAS.
La fête de la Saint-Andéol (1582)
Petite coutume camaretoise remontant à 1565[3]
: La famille a pu participer chaque année à la procession traditionnelle qui
avait lieu le 1er dimanche de mai, la fête de la Saint-Andéol. Un
banquet était offert aux gens du village, la ville offrait un baril de vin 🍇
et les chanoines participaient aux autres frais du banquet. Les cloches de
l’Eglise 🔔 étaient lancées à toute volée, les tambours 🥁
accompagnaient les réjouissances. Les jeunes gens assistaient à cette
procession avec leur arquebuse, des feux de joie 🔥 étaient allumés tout au
long du chemin, ils tiraient des coups de feu au frais de la ville au moment de
l’embrasement du peuplier traditionnel 🌳 devant le porche de
l’Eglise ⛪. La jeunesse aimait le vin et était bagarreuse,
douze gardes étaient en service aux portes de la ville et la police gérait
difficilement les 3 jours de fête. Les chanoines, se plaignant des frais
importants qu’ils avaient avec la réparation des édifices du culte, furent
contraint, après un procès de 21 ans porté au Tribunal du Recteur de Carpentras
en 1611, de verser chaque année la somme de 54 écus pour le banquet.
Lors de cette fête, de nombreuses personnes étaient élues
pour des rôles fictifs : le Roi de la Saint-Andéol, la Reine, le Roi des
Boyers, le Roi des Charretiers, la première, la seconde et la troisième
damoiselle, le Sonnage, le Garde du Corps du Roi et le second Garde du Corps.
Cette année-là, Andrienne TEYSSIER notre ancêtre a été élue seconde damoiselle[4] !
Climat politique (~1585)
A noter que les Guerres de Religion ne sont pas terminées.
La ville est depuis plus de 20 ans sur ses gardes ; des messagers des
familles alliées (TEYSSIER, FEBRIER, …) sont souvent envoyés pour s’assurer de
la sécurité des lieux. En 1585, toute la population de la campagne est invitée
à dormir dans l’enceinte de la ville[5]
🏰.
Nos aïeux MURET faisaient partie de ces personnes qui vivaient en campagne !
Deuxième mariage : Jean MURET – Andrienne TEYSSIER (~1590)
Jaume ROCHAS décède 10 ans après son mariage avec Andrienne
TEYSSIER. Elle se remariera avec Jean MURET. Aucun document en ma possession ne
l’atteste mais j’ai estimé cette date au début des années 1590. A noter qu’il
n’est pas à exclure que lui aussi ait pu avoir un premier mariage. Pour autant,
nous savons que ce couple a au moins eu un fils 👶🏻
: Christol MURET, qui suit.
Vie politique (1600-1610)
Premières mentions du
nom de Muret en 1600 et 1602 dans les délibérations communales
Les registres de délibérations de Camaret mentionnent de
nombreux évènements de la vie communale. Lorsque de grosses décisions devaient
être prises, la plupart des chefs de famille étaient présents. Bien que la
famille TEYSSIER soit connue pour être l’une des familles influentes de
Camaret, à cette époque, il ne semble pas que la famille MURET en fasse partie.
Malgré tout, le 25 février 1600, Jean Muret participe pour, semble-t-il, la
première fois[6]
aux élections des consuls de Camaret avec 54 autres chefs de famille, qu’ils
soient « manants ou habitants de cette ville ». Il en sera de
même de février 1601 à février 1610[7].
Messager (1605)
Dans les registres des comptes de Camaret, on apprend que
Jean MURET est allé à Carpentras à Noël 1605[8]
pour porter un présent à Monseigneur Jean de TULLES dit Jean V, Evêque
d’Orange, Gouverneur du Comtat Venaissin et Recteur de Carpentras. Jean MURET
est payé 6 sols pour ce déplacement. A noter qu’à cette époque il était
dangereux de se déplacer sur les grands chemins, de nombreux vagabonds arrêtent
les voyageurs[9] 🗡️
; Jean MURET devait être armé comme de nombreux habitants de Camaret qui
habitent en campagne et qui ne bénéficient pas de la protection de la garnison
italienne postée sur les murs 🏰 de la ville. Ce voyage
d’une trentaine de kilomètres durait 1 journée à cheval 🐴
!
L’Auberge du Souquet (1606)
En mars 1606, Jean MURET semble assister Steve BOUCHE, en
tant que « soquatier »[10],
le tenancier de l’auberge communale appelée Ferme du Souquet. Cette
auberge appartenant à la commune se retrouve baillée au plus fort enchérisseur
lors d’enchères publiques à la bougie. Le tenancier doit « tenir logis ouvert tout le long de l’année,
avec toutes choses requises pour le service des hostes, loger touts allants et
venants et les administrer et pourvoir de vivres et aultres choses nécessaires
pour leur argent. – Comme aussi tenir de bons estables pour retirer le
bestail des hostes avec de foing et aultres choses nécessaires pour ledit
bestail. – Vendre de vin aux hostes et habitants qui en vouldraient achepter à
pot et à pinte, n’y prenant de profit que 24 sols par saulmée »[11].
Le 4 septembre 1606[12],
il est demandé à Camaret de recevoir Monseigneur Jean V : de lui fournir
un lit et le souper. Le lendemain lors du conseil communal, il est décidé avec
Jean MURET que le premier service du souper concernera les « maîtres »
et le second service, les « serviteurs ». Jean MURET gagnera
12 sous par maîtres et 6 sous par serviteurs. Deux citoyens s’élancent dans la
campagne pour aller accueillir l’Evêque et ses serviteurs. Jean MURET, après
avoir eu une discussion avec Andrienne TEYSSIER, revient auprès des consuls
pour se plaindre et il « dict quil ne peult fere en aulcune façon ledict
souper pour lincommodité ou occupation a laquelle sa femme est réduite ».
Les consuls le prient de le faire et promette d’augmenter sa paye à 15 sous par
maîtres et moitié par serviteurs : il accepte et le soir-même, l’évêque
sera reçu comme il faut. On retrouve dans les comptes de la ville[13],
la paye pour cette réception « fourny a Jean MURET hoste pour avoir
donne souper a Monseigneur d’Orange, a sa suitte, et a ses chevaux […] A raison
les maîtres de douze souls et les serviteurs six, et pour lavoyne fournyes aux
chevaux montant cinq florin », il touche 25 florins et 8 sous. Il a
donc reçu environ 6 maîtres et 30 serviteurs. On remarquera tout de même que malgré
la promesse du conseil d’augmenter le salaire de Jean MURET pour le dérangement :
rien n’a été fait !
Petite anecdote 😛 : quelques
échanges avec l’Evêque[14]
témoigneront du mécontentement ⚡ des habitants vis-à-vis de leur
curé ⛪ M. TACUSSEL, qui
« n’est pas au gré des habitants »
et qui s’absentant fréquemment, « a
laissé mourir ⚰️ un habitant sans le sainct sacrement de l’extrême-onction 😱
».
Pour l’année 1606, l’auberge publique a généré beaucoup
d’argent[15],
c’est le seul commerce à pouvoir vendre du vin dans le village ! Jean
MURET dépose aux comptables de Camaret la somme de 112 florins et 6 sous pour
l’activité de l’année.
Le 24 février 1607, les enchères pour la reprise de la ferme
du Souquet démarrent doucement[16],
une première bougie s’éteint sans enchère ; à la deuxième bougie, Jean
MURET se propose de poursuivre un bail d’un an pour 120 écus, Marguerin PERROT
propose 126 écus, Marguerin LAGIER propose 127 écus et enfin Antoine RANOUX
propose 127 écus et 20 sous. La troisième et dernière chandelle est allumée et
Jean MURET propose 128 écus, Honorat GUIGO propose 130 écus, Jean MURET
surenchéri à 131 écus, Antoine RANOUX à 132 écus, Jean MURET à 133 écus,
Antoine RANOUX à 134 écus, Jean MURET à 136 écus, Antoine RANOUX à 138 écus et
enfin sur l’extinction de la troisième bougie, Jean MURET crie 139 écus !
Antoine RANOUX et Jean MURET se disputent la propriété du Souquet et pour
calmer les tensions, une 4ème bougie est allumée : Jean MURET
relance à 139 écus, Honorat GUIGO surenchéri à 142 écus, Marguerin LAGIER à 143
écus, Honorat GUIGO à 146 écus et enfin Marguerin LAGIER à 150 écus.
Bail et achat de terres (1607)
Blason de Charles Robert de la MARCK, baron de Sérignan |
En mai 1607, Laurent CHEVALIER, capitaine, bailli et intendant des affaires
du Baron de Sérignan, Charles Robert de la MARCK et de sa femme Antoinette de
la TOUR de TURENNE souhaite, par devant Maître Claude MARNIACY, notaire de
Sérignan, « bailher a nouvel bail a discret homme Jean MURET habitant
de Camaret ylec present » une terre au lieu-dit du Plan de Dieu à Camaret contre 6 deniers par an à payer chaque
année à la Saint-Michel.
Le 20 août 1607, devant Maître Claude MARNIACY de Sérignan,
Pierre BON, habitant de Camaret « lègue de son bon gré et franche
volonté », une terre située dans le quartier du Plan de Dieu[17]
à Camaret à Jean MURET. Cette terre sera vendue pour le prix de 90 florins,
dont la somme sera versée directement à Jean ARNAUD, marchand d’Orange, créancier
de Pierre BON.
Le 15 novembre 1607, Esteve MERLE, habitant de Camaret, doit
de l’argent à la commune de Camaret[18].
Pour rembourser ses dettes, il vend une petite « sienne contenant demy
eymine », c’est-à-dire une terre de 400 m², à Jean MURET pour le prix
de 30 écus, il s’agit d’une terre qui est dans le giron du Baron de Sérignan,
Seigneur de Camaret. Elle est localisée au lieu-dit du Pont Tronquet. Jean
MURET verse 25 florins d’or à Michel ROSSIN, exacteur de Camaret pour
rembourser les dettes d’Esteve MERLE.
Pour ces deux terres, Jean MURET paiera au Baron de Sérignan
une redevance annuelle et perpétuelle, le cens qu’il doit automatiquement au
Seigneur de Camaret.
Décès de Jean MURET (~1615)
Sans que la date exacte nous soit connue, Jean MURET est
décédé entre 1610 et 1619. On apprend dans le testament de son fils Christol
MURET que Jean MURET a été enterré dans un tombeau familial à Camaret dans le
cimetière de l’Eglise Saint-Andéol dite « hors et proche dudit
lieu ». Depuis les années 1400 et encore aujourd’hui, il existe deux
églises à Camaret. La première au sein de l’enceinte fortifiée et la seconde à
l’extérieur. Nos MURET, habitants de la campagne camaretoise, assistaient aux
messes à l’intérieur de cette-dernière. C’est pour cette raison que le tombeau
familial se trouve rattaché au cimetière de cette église.
Chapelle puis Eglise paroissiale de Saint-Andéol
Tutelle des enfants (1619)
En novembre 1619, on apprend dans un acte passé devant Maître
MARNIACY[19],
notaire à Sérignan, que les enfants du premier lit d’Andrienne TEYSSIER ont eu
pour tuteur leur oncle Bertrand TEYSSIER (après le décès du premier mari Jaume
ROCHAS). Lorsque qu’Andrienne s’est mariée en secondes noces avec Jean MURET,
ce-dernier aurait fait la promesse à Bertrand TEYSSIER de s’occuper des enfants du
premier lit : Catherine et Esteve ROCHAS. Mais officiellement, rien n’a été
déclaré chez un notaire. Si bien que les deux hommes Bertrand TEYSSIER et Jean
MURET sont décédés sans avoir fait le nécessaire et c’est ainsi que la veuve de
Bertrand TEYSSIER, Miracle GABELLON, se retrouve tutrice par héritage des
obligations de son défunt mari. Cet acte est donc un document officiel par
lequel Esteve ROCHAS et Christol MURET déchargent Miracle GABELLON et ses
enfants de ce rôle de tutelle, décharge validée par Andrienne TEYSSIER.
A noter pour information que l’arbre des MURET contient
également ce couple Bertrand TEYSSIER – Miracle GABELLON, branche
cousine de nos MURET.
Décès de Andrienne TEYSSIER
Aucun document ne donne la date de décès d’Andrienne
TEYSSIER. On sait simplement qu’elle est décédée après 1619 à Camaret, où elle
a vécu toute sa vie. Christol MURET son fils mentionne qu’elle a été enterrée
dans le tombeau des MURET dans le cimetière de l’Eglise Saint-Andéol de
Camaret.
* * *
Petite
anecdote camaretoise[20] 😛 : les habitants de Camaret étaient très procéduriers.
Au moindre souci, ils poursuivaient devant les tribunaux les coupables ;
au point que fin des années 1500, une chèvre 🐐 ayant ravagé un jardin fut l’objet de poursuites judiciaires et
condamnée au carcan. Ce jugement fut l’objet de railleries de la part des
habitants de la Principauté d’Orange qui assaillaient de leurs quolibets les
gens de Camaret lorsqu’ils se rendaient au marché. En contrepartie, les
camaretois susceptibles, se vengeaient à la Saint‑Andéol en forçant les
orangeois à leur arrivée dans le village à répondre à la terrible question
« Quel est cet arbre ? » en pointant un chêne décoré
d’oranges. Ils devaient répondre « un oranger » sous peine
d’être battu.
Ces
procédures n’étaient pas l’apanage des camaretois. En 1575, les sauterelles
furent citées au tribunal de l’officialité d’Arles. La sentence finissait par
ces mots : « … et nous les
chassons d’autant qu’il est en notre pouvoir des terres des chrétiens, et nous
leur défendons de ravager plus longtemps les blés 🌾, les vignes 🍇 et les fruits 🍏 … ». L’avocat des sauterelles 🦗 renonça à faire appel et il ne semble pas que les
condamnées aient tenu compte de cette sentence.
[1]
AD84 E DEPOT CAMARET VRAC / BB1 (partie du registre reliée à l’envers)
[2]
AD84, 3E23-13
[3]
« Camaret en Comtat » par Constant Latour, 1914
[4]
AD84 E DEPOT CAMARET VRAC / BB1 (partie du registre reliée à l’envers)
[5]
« Camaret en Comtat » par Constant Latour, 1914
[6] AD84 E DEPOT CAMARET VRAC / BB4, p.33
[7]
AD84 Dépôt Camaret BB4, pp.64, 98, 133, 160, 183, 210, 229, 251, 300 et 344
[8]
AD84 Dépôt Camaret CC8, 1606, p.24, article 58 (renumérotation : p.1037)
[9]
« Camaret en Comtat » par Constant Latour, 1914
[10] AD84 Dépôt Camaret BB4, p.413
[11]
« Camaret en Comtat » par Constant Latour, 1914
[12] AD84 Dépôt Camaret BB4, p.434
[13]
AD84 Dépôt Camaret CC8, 1606, p.34, article 110 (renumérotation : p.1059)
[14]
« Camaret en Comtat » par Constant Latour, 1914
[15]
AD84 Dépôt Camaret CC8, 1606, p.2, article 10 (renumérotation : p.997)
[16] AD84 Dépôt Camaret BB4, p.445
[17]
AD84 3 E 66 30 f°188, Me Claude MARNIACY de Sérignan
[18]
AD84 3 E 66 30 f°272, Me Claude MARNIACY de Sérignan
[19]
AD84 3 E 66 69
[20]
« Camaret en Comtat » par Constant Latour, 1914




Commentaires
Enregistrer un commentaire